Sur la route de la soie : la Turquie
Par Armelle, Isabelle, Jean et Paul
La route de la soie : un rêve commun que nous allons partager pendant de longues semaines…
Première étape la Turquie.
Nous découvrons Istanbul, ville mythique avec son Bosphore, cosmopolite, fourmillante, débordante d’énergie, aux visages multiples où se côtoient l’Europe et l’Asie. La construction actuelle d’un métro sous le Bosphore permettra de développer encore davantage les échanges économiques et culturels entre les deux continents...
Au cours de nos différentes visites, nous prenons rapidement conscience de la forte influence des différentes cultures qui a façonné le visage de la Turquie actuelle où les mondes Chrétien et Islamique sont présents dans ce pays laïque, moderne, du fait des réformes mises en place par Atatürk.
Nous avons trouvé un pays en liesse pour la fête de l’Indépendance et des Enfants fêtée le 23 avril, ambiance festive que nous avons partagé avec les familles lors de notre croisière sur le Bosphore et plus tard lors d’un défilé de chars décorés à Ankara.
Les visites (sous un soleil ardent) de Sainte-Sophie, la Mosquée bleue, du Palais de Topkapi, la Citerne Basilique... racontent toute l’évolution extraordinaire de ce pays due à son histoire au cours des siècles ; la présence de richesses dans les parures (pierres précieuses, étoffes luxueuses…) permet d’imaginer déjà les échanges commerciaux liés à la Route de la Soie. Impression confirmée par la visite des bazars, le Grand bazar et celui des épices, où les produits tissent déjà notre route.
Un havre de paix nous est offert à l’intérieur du premier caravansérail que nous découvrons et qui nous enchante par sa beauté et sa fraicheur, Katircilar Han (Tashan).
Notre voyage se poursuit par la visite de la capitale Ankara et le mausolée d’Atatürk où la ferveur populaire ne faiblit pas à travers les différentes générations. La ville ancienne avec ses maisons ottomanes, parfois à colombages, nous ravit par sa beauté et la simplicité de ses mosquées datant des VI ème et VII ème siècles.
Nous poursuivons notre route vers l’Anatolie centrale et la Cappadoce. En longeant le Lac salé Tuzgolu, au détour d’un virage nous découvrons, non sans émotion, l’imposant volcan Hasan, encore couvert de neige (3 268 m), qui a laissé son empreinte géologique dans la Cappadoce.
Notre guide, Mehmet, nous gâte particulièrement depuis notre départ en nous faisant partager l’amour, les richesses historiques et gastronomiques de son pays. Ce jour-là, il nous réserve une merveilleuse surprise en nous faisant découvrir une église byzantine du 6ème siècle dite Eglise Rouge, dans un environnement naturel grandiose.
Nous entrons dans la zone volcanique. Notre étonnement est grand de voir ces sites troglodytes occupés depuis des millénaires (à partir des Hittites, deuxième millénaire avant J.-C.). Ces villes entièrement souterraines, creusées pour la protection de la population et des animaux, sont encore debout et certaines semblent même avoir servi de caravansérail !
Nous arrivons dans la région des « cheminées de fées ». Ces dernières ont été des sites de refuge naturels pour des moines en recherche de paix, de sérénité et de sécurité lors d’invasions successives. Aujourd’hui, ce sont de magnifiques églises rupestres avec des fresques qui couvrent plusieurs périodes. Nous nous sommes laissés porter par l’ambiance de plénitude de ces vallées aux couleurs multiples à la nature sauvage, aux petits jardins, aux cours d’eau lors de nos différentes marches (vallée des Pigeonniers, vallée d’Ilhara…).
Sur la route de la Cappadoce, nous avons trouvé le caravansérail Saruhan qui correspond tout à fait au caravansérail que nous imaginions : une ville à lui tout seul, bâti en pleine nature, loin de tout. Il pouvait héberger nombre de marchands et leurs animaux, médecins, vétérinaires, lieu de culte.
A Avanos, nous avons pu visiter un atelier de fabrication de tapis tissés en soie anatolienne. Les cocons proviennent de l’est de la Turquie et sont dévidés sur les bases des techniques venues de Chine.
Nous poursuivons par l’Anatolie orientale vers le barrage Atatürk qui a été construit sur l’Euphrate pour produire de l’électricité et permettre l’irrigation des terres cultivables. Au cours de ce trajet nous avons constaté un développement important du réseau routier qui laisse augurer l’intensification des échanges commerciaux avec les pays frontaliers…
5 mai
Sur notre route nous traversons un territoire occupé depuis 200 ans av. J.-C. par les romains et en particulier par Septime Severus, Antiochos 1er Théos (64 à 38 av. J.-C.) ou nous trouvons de nombreuses traces de leur présence. Ils ont laissé des Tumulus à leur effigie et celles de leur Dieux qui, à cette époque, étaient multiples. Le gigantisme de ces statues était à l’aulne de l’importance des personnes enterrées (Tumulus, Karakus, Nemrut Dagi).
La suite naturelle des aménagements au travers de l’histoire nous amène à la retenue d’eau située au pied du Mont Nemrut et au barrage Attaturk. Vingt ans ont été nécessaires pour remplir cet ouvrage, véritable élément de développement économique.
Sanliurfa, ville de pèlerinage des musulmans, où la légende d’Abraham survie toujours avec la même ferveur. Espace très convivial où tout le monde se retrouve dans un cadre idyllique où forteresse et mosquée coexistent en harmonie. Un repos bien mérité, après avoir visité le grand bazar, nous amène dans le caravansérail (Gumruk hani, 1562) devant une tasse de thé rouge nommé « Kusburnu ». Lieu de jeux pour certains, de rafraichissement pour d’autres et de travaillent intense pour ceux de l’étage qui fabriquent des pantalons à longueur de journée. Usages multiples, rien n’a vraiment changé.
Sanliurfa à l’origine s’appelai Urfa et a modifier son nom après avoir résistés et gagnés contre les occupants Français en 1922. Sanliurfa veut dire GLORIEUSE URFA.
Direction la Haute Mésopotamie.
Merveilleuse rencontre avec de jeunes écolières curieuses de nous à Diyarbakir près de la mosquée Turkmène Kasim Padisa . Après un échange linguistique un peu compliqué, elles nous accompagnent partout et déjeunent en notre compagnie. Quel moment délicieux, quelle vision positive de l’avenir… Nous nous quittons à regret après prise de photos réciproques.
La grande mosquée Ulu Camii, construite en 639 par les arabes, sur le site d’une église nous accueille dans son immensité et ses façades aux décorations florales magnifiques. Le caravansérail Han Pasa nous ravi par sa fraicheur, nous percevons quel bonheur cela devait être d’arriver là après une longue route de poussière et de difficultés. Par contre, le caravansérail Buyuk Kervansaray, magnifique en pierre de basalte a été transformé en Hôtel de luxe. Une vision moderne du caravansérail.
Nous entrons dans la région du peuple Kurde en allant vers le Lac de Van. C’est le carrefour des échanges commerciaux tout azimut. Camions, charrettes, automobiles crient leur urgence par leur klaxon tonitruant….. Le lac de Van, le plus grand de Turquie, le 5eme du monde, couvre 3800Km2 et peu atteindre jusqu’à 400m de profondeur. Eau salée et peu poissonneuse. Nous poursuivons jusqu'à Tatvan qui culmine à 1700m d’altitude pour une nuit de repos.
Départ pour le Lac de Van à la conquête de l’ile ou se trouve L’Eglise Sainte Croix, magnifique église Arménienne du 10ème siècle à la façade décorées de bas reliefs sculptées. Splendide environnement au milieu des eaux turquoise du lac, entouré de montagnes encore enneigées, quel spectacle !!! Lieu occupé déjà par les Ouratéens 1000 ans av. J.-C. Notre imagination va bon train…
Nous montons à l’asseau de ville fortifiée édifiée sur le rocher de Van ou nous avons une vue imprenable sur le volcan Nemrut Dagi qui domine le Lac. Magnifique !!!
Déjà la fin, nous abordons la dernière journée en Turquie, départ pour Dogubeyazit. Sur notre route, surprise : des gens endimanchés dansent en rond sous la pluie. Arrêt immédiat pour constater qu’il s’agit d’un mariage kurde. L’accueil est chaleureux et les clics des appareils photos se déclenchent pour participer à la liesse générale. Echanges d’adresses, adieu et nous voilà repartis. Nous faisons ensuite un détour pour visiter l’élevage des « Chats de Van », chats au regard troublant, un œil bleu et l’autre jaune, pelage blanc à poils longs. Superbe animal en voie de disparition.
Nous poursuivons sous une pluie battante par la visite de la forteresse Ottomane de la fin du 18ème siècle d’Ishak Pasa Sarayi véritable Palais composé de 366 pièces, bibliothèques, Harem, bains etc. Véritable caravansérail de grand confort avec vue exceptionnelle sur le Mont Ararat. Une très belle mosquée participe par son architecture à la beauté de ce site d’exception.
Voilà le moment de nous séparer de notre Guide Mehmet, personnage qui nous a accompagné avec passion et compétence pour nous raconter son pays d’hier et d’aujourd’hui, nous faire découvrir des sites exceptionnels et nous donner déjà la perception de ce que sera la route des échanges de demain. 2 600 km avec Mehmet qui nous laisse au poste frontière iranien Bazargan. Au revoir la Turquie et à bientôt surement.
A suivre…
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