Nomade's land
8jan/10

L’esprit en paix (Pérou)

Par Julien Leveque / conseiller Amérique du Sud

Toute une aventure. Si la paix est due à chacun de nous, le drapeau de la paix, lui, se mérite.

En arrivant au Machu picchu, très tôt le matin, après avoir serpenté pendant de longues minutes depuis Agua Calientes, le temps était plutôt couvert. C’est le moins que l’on puisse dire.
En face de moi, une purée de pois londonienne laissait à peine deviner les premiers vestiges de la fameuse cité inca. A ma gauche, un chemin relativement étroit semblait grimper droit vert le paradis. Trop tentant…

Le chemin en question est assez incroyable. Certains passages à flanc de montagne offrent une vue remarquable. Vue dont je n’ai réellement pu profiter qu’à mon retour, la vallée ayant à l’allée, plus l’allure d’un champ de coton que d’autre chose.

L’ascension semblait interminable. Il aura fallu pas moins de trois heures pour atteindre le fameux drapeau arc-en-ciel. Trois heures bien étranges, dans un monde quasi parallèle, tantôt effrayant, tantôt magique, et dans un silence parfait.

Mauvaise surprise en arrivant au sommet : je n’étais pas au dessus des nuages mais en plein dedans. Difficile d’évaluer les distances dans cette atmosphère vierge de tout. Il y avait moi, le drapeau, et rien d’autre. Une sorte de rêve. Idéal pour une petite sieste.

En me réveillant, une heure plus tard, le décor n’était plus du tout le même. Des nuages, le ciel n’en manquait pas, cependant, le plafond avait quelques peu baissé. De plus, leur densité était telle que l’on devinait de temps à autre la cité inca (minuscule. J’étais bien plus haut que ce que j’avais imaginé) et le Huayna Picchu.

Ce drapeau, symbole de paix et d’harmonie, est immense. S’il est plus souvent, dans la société actuelle, associé à la communauté gay, certaines communautés issues de l’empire Inca l’ont choisi comme emblème.

Il prend, à cette altitude (plus de 2 700 mètres) et dans ces conditions (le silence, la solitude) tout son sens.

Un vrai moment de paix et de repos de l’esprit… ou rien n’a plus vraiment d’importance.

29déc/09

La belle de Fatehpur (Inde)

Par Lucie James / conseillère Libre & Nomade

Arriver à Fatehpur Sikri est déjà une aventure. Le bus depuis Agra est à la fois un supplice pour le postérieur et un vrai moment de vie sauce locale.

Passée l'entrée de la ville, le capharnaüm de la rue principale vole littéralement la vedette à l'imposant édifice perché sur la colline, qui fait la renommée de l'endroit. Et à ma grande surprise, c'est précisément cette rue qui m'a laissé les plus gros souvenirs.

En prenant le temps de s'engouffrer dans cette allée multicolore, où les poules, vivantes ou mortes, côtoient les fruits, les légumes, les tissus, ustensiles de cuisines ou pièces de moteurs, on tombe sur de véritables joyaux. En échange de cette photo, cette jeune fille, comme tous les résidents de cette artère, ne m'a rien demandé. Rien. Pas une roupie.

La où les autres sautaient devant l'objectif et prenaient des poses fantaisistes et assez amusantes (un petit bonhomme de 8 ans m'a carrément interprété une imitation de Michael Jackson assez convaincante) elle a juste regardé l'objectif. Fixement. Le temps de trois photos.

Celle-ci est la première. Et comme souvent la meilleure. Elle apparaît comme une lueur de grâce au milieu de ce délicieux boxon.

On en oublie presque la crasse des caniveaux et l'odeur des bouses de vaches. C'est l'Inde, la vraie. Celle que l'on ne découvre qu'en grattant un petit peu.

L'Inde qui donne envie d'y revenir...