La cerise sur le Fogo (Cap Vert)
Par Sylvain Lenglart / conseiller Libre & Nomade
Trois heures. C'est le temps qu'il m'a fallu pour venir à bout des 1100m de dénivelé et arriver au sommet du Fogo, superbe volcan qui culmine à 2800m.
J'ai certes transpiré pour accéder au cratère mais le panorama crépusculaire sur cette caldeira de 16km, a vite fait de me faire oublier l'effort fourni.
Vingt minutes d'une course effrenée dans la "poudreuse" des flancs du volcan avec du sable volcanique jusqu'aux mollets suffisent pour en redescendre.
En ligne de mire, tout en bas le "Petit Fogo" que l'on voit sur cette photo. Ce volcan datant de 1995, offre aux trekkeurs un éventail de couleurs dantesque. Une oeuvre on ne peut plus naturelle !
Dans les étoiles (Dubaï)
Par Julien Goguel / webmaster
A première vue, parler de Dubaï en revendiquant un esprit Nomade frise le hors sujet.
Dubaï, c’est un fait avéré, n’est pas vraiment la destination de toutes celles et ceux en quête d’aventure, de nature ou d’un quelconque frisson devant les curiosités de notre planète.
Mais du frisson, cette cité toute droit sortie d’un comics, avec ses allures de Disney Land et son parfum de pétrole, peut en procurer à plus d’un titre.
Ce n’est pas la nature en elle-même qui étonne. Mais ce que l’Homme en a fait.
Certes, on ne frissonne pas de la même manière. Cela peut même, par certains cotés, paraitre un peu effrayant.
Cette tour, la "Burj Khalifa" a placé la barre très haut. Trop haut diront certains.
Elle est comme une aiguille au milieu d’une cité déjà morcelée par d’innombrables gratte-ciel dont le plus insignifiant relègue la tour Montparnasse au rang de baraque à frites…
Ses 818 mètres, on ne les réalise pas vraiment. Difficile en effet, de donner une quelconque hauteur à ce genre d’édifice lorsque l’on en distingue à peine le sommet. Lorsque l’on s’attarde sur les chiffres (qui filent également des frissons), on découvre 164 étages, 800 appartements, 50 étages de bureaux et autant d’ascenseurs. Il aura fallu pas moins de 12 000 ouvriers et la bagatelle d’1,5 milliards de dollars pour mener ce projet à bien. Pharaonique.
Cette photo est à l’image de ce qu’il se passe au pied, à zéro mètre du sol. Comme un soir de feu d’artifice, les passants ont le nez braqué vers le ciel. On voit ça et la, des personnes assises sur des marches, ou adossées à des rambardes, yeux écarquillés et bouche grande ouverte devant ce monument venu d’ailleurs.
A présent, savoir si cette tour traversera les siècles comme l’ont fait les pyramides, ça l’histoire ne le dit pas…
L’esprit en paix (Pérou)
Par Julien Leveque / conseiller Amérique du Sud
Toute une aventure. Si la paix est due à chacun de nous, le drapeau de la paix, lui, se mérite.
En arrivant au Machu picchu, très tôt le matin, après avoir serpenté pendant de longues minutes depuis Agua Calientes, le temps était plutôt couvert. C’est le moins que l’on puisse dire.
En face de moi, une purée de pois londonienne laissait à peine deviner les premiers vestiges de la fameuse cité inca. A ma gauche, un chemin relativement étroit semblait grimper droit vert le paradis. Trop tentant…
Le chemin en question est assez incroyable. Certains passages à flanc de montagne offrent une vue remarquable. Vue dont je n’ai réellement pu profiter qu’à mon retour, la vallée ayant à l’allée, plus l’allure d’un champ de coton que d’autre chose.
L’ascension semblait interminable. Il aura fallu pas moins de trois heures pour atteindre le fameux drapeau arc-en-ciel. Trois heures bien étranges, dans un monde quasi parallèle, tantôt effrayant, tantôt magique, et dans un silence parfait.
Mauvaise surprise en arrivant au sommet : je n’étais pas au dessus des nuages mais en plein dedans. Difficile d’évaluer les distances dans cette atmosphère vierge de tout. Il y avait moi, le drapeau, et rien d’autre. Une sorte de rêve. Idéal pour une petite sieste.
En me réveillant, une heure plus tard, le décor n’était plus du tout le même. Des nuages, le ciel n’en manquait pas, cependant, le plafond avait quelques peu baissé. De plus, leur densité était telle que l’on devinait de temps à autre la cité inca (minuscule. J’étais bien plus haut que ce que j’avais imaginé) et le Huayna Picchu.
Ce drapeau, symbole de paix et d’harmonie, est immense. S’il est plus souvent, dans la société actuelle, associé à la communauté gay, certaines communautés issues de l’empire Inca l’ont choisi comme emblème.
Il prend, à cette altitude (plus de 2 700 mètres) et dans ces conditions (le silence, la solitude) tout son sens.
Un vrai moment de paix et de repos de l’esprit… ou rien n’a plus vraiment d’importance.
La belle de Fatehpur (Inde)
Par Lucie James / conseillère Libre & Nomade
Arriver à Fatehpur Sikri est déjà une aventure. Le bus depuis Agra est à la fois un supplice pour le postérieur et un vrai moment de vie sauce locale.
Passée l'entrée de la ville, le capharnaüm de la rue principale vole littéralement la vedette à l'imposant édifice perché sur la colline, qui fait la renommée de l'endroit. Et à ma grande surprise, c'est précisément cette rue qui m'a laissé les plus gros souvenirs.

En prenant le temps de s'engouffrer dans cette allée multicolore, où les poules, vivantes ou mortes, côtoient les fruits, les légumes, les tissus, ustensiles de cuisines ou pièces de moteurs, on tombe sur de véritables joyaux. En échange de cette photo, cette jeune fille, comme tous les résidents de cette artère, ne m'a rien demandé. Rien. Pas une roupie.
La où les autres sautaient devant l'objectif et prenaient des poses fantaisistes et assez amusantes (un petit bonhomme de 8 ans m'a carrément interprété une imitation de Michael Jackson assez convaincante) elle a juste regardé l'objectif. Fixement. Le temps de trois photos.
Celle-ci est la première. Et comme souvent la meilleure. Elle apparaît comme une lueur de grâce au milieu de ce délicieux boxon.
On en oublie presque la crasse des caniveaux et l'odeur des bouses de vaches. C'est l'Inde, la vraie. Celle que l'on ne découvre qu'en grattant un petit peu.
L'Inde qui donne envie d'y revenir...