2011 dans le rétro, en 53 photos…
Pourquoi 53 ?... comme ça. Pourquoi pas après tout ?
Un petit concentré de tout qu'est ce qu'on a aimé et de tout qu'est ce qui nous a fait vibrer cette année. Des paysages, d'abord. Des cultures, aussi. Et des humains, surtout...
Juste histoire de commencer 2012 sur une note positive. Un petit coté We are the World qui fait du bien de temps en temps.
Juste pour vous. C'est cadeau...
L’Ethiopie, machine à rêves…
par Lucie James / conseillère Libre & Nomade

Il y a des noms qui font rêver. On ne sait souvent même pas les placer sur une carte, mais la simple évocation du nom vous fait voyager. Tombouctou, Katmandou, Rio de Janeiro. Vous vous êtes dit un jour c’est moi qui serait là-bas. Et bien pour moi c’était Addis Abeba. Ce nom m’a toujours transporté sur les meilleures pentes de mon imagination. Je le trouve exotique, poétique et mélodieux. On est d’accord, par chance, il ne s’agit pas de la capitale de la Corée du Nord, mais bien de l’Ethiopie pays dans lequel, coïncidence, je rêve de promener mes jeunes os depuis belle lurette. C’est chose faite. Et malgré des expectatives ultra haut placées (et donc un voyage Ô combien risqué…), le résultat est encore cent fois meilleur…
Après 2 ans d’attente, de oui puis de non, le billet est acheté et le fameux ADD collé sur mon sac. Yann, conseiller Afrique m’accompagne dans l’aventure. Et quelle aventure… C’est parti pour ce qui va être le plus beau voyage de ma toute jeune vie.
Alors vous vous dites : c’est comment Addis ? et ba c’est une ville en pleine expansion comme il y en a des dizaines en Afrique. Un paradoxe de buildings en construction tenus par des échafaudages en eucalyptus. Un chaos de trafic, de coureurs, et d’effluves de café. Une ville sans véritable attrait mais qui s’avère en avoir plein les tripes quand on prend le temps de s’y attarder un peu. Une fois la nuit tombée, la ville s’anime, et le spectacle commence. Direction Casa Anchis, quartier idéal pour passer la nuit dans ses chaussures comme aiment à dire les locaux. Des bars avec de la musique live. Des azmari biets plus précisément. Du jazz éthiopien, de la musique populaire, de la danse et des duels de rhétorique en amharique. On ne comprend rien, mais on est vite pris par l’effervescence du lieu. C’est unique, drôle et gracieux. QUatre jours dans la capitale nous auront rendu Addis addicts. Addis quoi !
Mais la suite envoie objectivement plus de pâté. Après un passage nébuleux à Lalibela (autre nom qui fait rêver d’ailleurs !), cap vers le bout du monde : la dépression du Danakil. Située en dessous du niveau de la mer, cette région volcanique est considérée comme l’une des plus inhospitalières de la planète. Pourquoi ? Parce qu’il y fait 48°C en hiver et que le vert ne s’y est pas invité. Parce que le vent balaye tout sur son passage et qu’il est évident que toute vie est vouée à s’y dessécher. Lentement.



Pour atteindre ce Paradis aux allures d’Enfer : des heures de 4x4 au travers de forêts de cailloux, de montagnes désolées et de désert. Tels des mirages, apparaissent de temps en temps des caravanes de sel formées de centaines de dromadaires chargés de cet or très produit local. Une cadence lente et constante qui permettra aux chameliers d’atteindre le marché de la capitale régionale dans 6 jours, inchallah. Quelle vie…



Nous arrivons finalement à Amedila, sorte de bourg au cœur du néant. Pas de quoi réveiller Haussman, mais juste quelques habitations de fortune faites de bâtons et de toile, une immense antenne en guise de place des fêtes et dans un souci de folklore des éthiopiens aux dents limées. Voilà notre lieu de villégiature des prochains jours.



Quoi d’autre ? Des nuit sous les étoiles du désert, éclairés par une lune aux proportions inquiétantes et bercés par un fond de groupe électrogène et un ballet de bouteilles en plastique : rien de très glamour à 1ère vue, mais pourtant si grisant de simplicité et d’humilité.
Mais ce que nous sommes venus chercher se trouve à quelques kilomètres de là. Un lac de sel, mais surtout le cratère du volcan Dallol, véritable excentricité de la planète. Après une marche au cœur de formations géologiques de plus en plus biscornues, nous arrivons sur un plateau aux allures de petit chimiste. Soudain face à nous des formes et des couleurs hors du commun se marient. Sources chaudes chargées en minéraux aux teintes fluorescentes, fumerolles, cheminées de sel, coulées de saumure, mousses de souffre, vasques sulfureuses. Déambuler là-dedans c’est poser ses pieds au pays des contrastes surréalistes… bluffant. Spectaculaire!









Après ce laboratoire de la nature aux couleurs Stabilo, retour dans un camaïeu de beiges des plus envoutant. Un désert de sel, loin du blanc et du snobisme d’Uyuni. Des kilomètres de croute de sel, de sable puis de lave solidifiée que l’on défie impétueusement avec nos bolides. Ca cahote dur, la poussière vole. Un Paris-Dakar des grands jours. Ici tout est brut, sauvage et sans vie à 360°. La démesure de ce néant minéral procure une sensation de liberté enivrante. Il n’y a rien, quelle que soit la direction prise, le résultat est le même : sable et isolement ; terre et solitude ; roche et silence. Unique. Fascinant. Ça c’est de l’aventure.



Et au bout de cette route : le volcan Erta Alé et son fameux lac de lave. Dites-vous que tout ce que vous aurez pu imaginer de cet endroit (et Dieu sait que j’y ai passé du temps) n’atteindra jamais la folie du lieu. Car il n’y a pas d’autre mot pour le décrire. Et la surprise est telle que tout le monde s’unie dans un chant d’onomatopées. Ça a été notre cas, entre cris et autres vulgarités nous sommes tombés nez à nez avec ce spectacle à la fois sensuel et explosif. Le chaudron de Lucifer, Les entrailles de la planète. On s’émerveille face à la grâce de cette danse de magma en fusion. C’est étrange d’être fasciné par quelque chose d’à la fois si beau et si violent.






Après 4 jours éprouvants dans cette dépression nous retrouvons le confort d’une douche et l’intimité d’une chambre. La délivrance pour certains. Même si je ne boude pas un brin de toilette, je regrette déjà le minimalisme et la liberté des jours passés.
Encore difficile pour moi de mettre les mots justes sur ce voyage. Je parle ici de dix jours, nous sommes partis trois semaines. L’Ethiopie côté vie est tout aussi fascinante : les montagnes du Simien, les églises orthodoxes aux peintures naïves, Gondar, et que dire des Ethiopiens. Au-delà d’une grâce et d’une beauté évidente, ils ont en eux une fierté et une dignité touchante. Un peuple qui vit de rien et qui vous offre tout, à commencer par des échanges sincères et des sourires. Des vrais ; ça fait du bien. Mais ce qui me hante ce sont ces jours dans le Danakil. Ces jours à jouer comme des gamins dans un décor d’adultes. Ces paysages bruts et sans artifices. Ces nuits à la belle étoile et ces douches à la cruche. Simplement bon. On a rien et pourtant on sent que l’on a tout. Ce serait pas un peu ça la liberté ?
Bref. Un rêve de réalisé. Oui je plane.
HUB117 – Mission Pharaon
par Vincent Hubert / conseiller Moyen Orient & îles

Agent HUB117 : De la Nubie au Désert Blanc. Pour vous servir...
Quand début octobre, Fabrice me convoque dans son bureau et me demande Comment est votre blanquette ?, je comprends soudain que ma mission aura lieu au pays des pharaons, et je lui réponds très fièrement Elle est bonne. J’y suis presque et je m’imagine dîner, un ramequin de harengs pommes à l’huile dans les rues du Caire ... Bref.
Il est très tôt ce samedi 29 octobre quand je monte à bord du vol qui me conduira à ma destination finale. Quelques quatre heures plus tard, je pose mes souliers sur la terre de Haute Egypte, à El Uqsur précisément (Louxor). Le transfert depuis l’aéroport annonce déjà la couleur du voyage qui se dessine : au loin, les montagnes de couleur ocre jaune, puis très vite la route bordée de palmiers et d’hibiscus fleuris me mène petit à petit vers la magie de Thèbes.
Je ne sais où donner de la tête : d’un côté, je longe le plus grand fleuve du monde (discutable c’est vrai !), de l’autre, j’aperçois les restes de l’allée des Sphinx et le temple de Louxor.
J’ai deux objectifs dans cet unique voyage : mon premier m’emmènera de Nubie jusqu’à la nécropole thébaine, à bord d’une embarcation traditionnelle servant au transport des pierres voici plusieurs millénaires, et me laissant porter par les courants du Nil, si calme et magique et pourtant, si grouillant… Puis, j’effleurerai ensuite la bouillante capitale du Caire avant d’aller marcher dans l’immensité d’un désert, aussi blanc que neige jusqu’aux sifflantes dunes d’Akabat.
Avant que la magie de l’ancienne cité pharaonique ne s’empare totalement de moi, je la quitte, en sachant que j’y reviendrai vite. Je descends jusqu’ à Assouan, 300 km plus bas, par une route longeant incessamment le Nil et la ligne de chemin de fer toujours en service. Je m’évade, le regard troublé par les couleurs changeantes du ciel et du fleuve.



Abou Simbel ne semble plus tellement loin maintenant mais nécessite tout de même quatre heures de route supplémentaires, sous escorte militaire. Le site, de prime abord, paraît totalement banal : un énorme bloc rocheux artificiel, on en regretterait presque ce réveil matinal et ces heures inconfortables dans le bus. Patience me dit le chauffeur...
Trois cents mètres de vives foulées plus tard, une fois au pied de la façade, une fois que l’on se rend bien compte que les quatre statues de Ramsès II sont hautes comme un immeuble de cinq étages, une fois que l’on a visité l’intérieur richement coloré du temple de sa femme nubienne Néfertari… on a qu’une seule envie : se poser et contempler cet extraordinaire ouvrage.
Faut-il le rappeler, sans la mobilisation incroyable de l’UNESCO dans les années soixante, jamais je n’aurais pu voir ce pharaonique bijoux légué par l’histoire. La construction du Haut-Barrage d’Assouan, devenue indispensable par obligation stratégique de contrôler les crues du Nil, menaçait de mettre à mal l’un des plus beaux temples, et le Lac Nasser, plus grand lac artificiel au monde, regorge d’autres temples que seul un voyage en bateau sur ce dernier, permettrait d’explorer.
Nous sommes en Nubie, non loin du Soudan. Les Nubiens ont connu un exode forcé à la création du lac ; aujourd’hui une bonne partie vit dans la banlieue d’Assouan et travaille pour le tourisme.
Je rejoins Assouan où commence véritablement ma descente du Nil, à bord d’un bateau traditionnel servant originellement au transport des pierres et des marchandises. Redescendre ce mythique fleuve, c’est voguer à travers la mythologie égyptienne en allant de temples funéraires en tombes royales. Ihab, notre égyptologue est une encyclopédie vivante, il semble incollable. Inutile et difficile de vouloir tout retenir au premier voyage, il aura fallu trois d’années d’études universitaires et des semaines de lecture à la bibliothèque du Caire à Ihab pour y parvenir.
Fleuri à souhait et accessible uniquement par bateau, le temple d’Isis sur l’île de Philae, joui d’une aura majestueuse et romantique. Un peu plus haut, Kom Ombo dédié au dieu-crocodile Shobek est situé sur un promontoire surplombant un méandre du Nil où les crocodiles peuplés jadis les berges. On y voit un nilomètre, sorte de puits indicateur du niveau du Nil très important pour les prévisions de récoltes. Puis, c’est au tour de Horemheb, dans les carrières de Silsila où l’on extrait depuis des millénaires des pierres pour construire temples et pyramides. Je découvre, privilégié car quasiment seul, le temple le mieux préservé d’Egypte : Edfou, dédié au dieu-faucon Horus. Puis Louxor, son musée, son temple, Karnak, la Vallée des Rois, des Reines, des Nobles, les colosses de Memnon, le temple d’Hatchepsout … une semaine ne serait pas assez pour tout découvrir.
Mais non, descendre le Nil ce n’est pas uniquement ces édifices. Au contraire. Je suis surpris de découvrir autant de vie et de paysages, que je n’aurai su imaginer en ces lieux. Les rives du Nil offrent aux voyageurs des longues étendues sablonneuses bordées de palmiers dattiers, et parfois, les roches de grés ou de calcaire rosâtres tombent à pic dans le bleu marine du Nil. En son centre, un nombre incalculable d’îlots recouverts de limon noir, d’herbes vertes rases broutées par les bovins, d’eucalyptus et autres flores. Bien souvent, d’ailleurs on voit des ânes qui pâturent à l’ombre d’un papyrus ou d’un saule pleureur, des buffles qui se baignent pour se rafraîchir. Et autant d’espèces ornithologiques : aigrettes, hérons cendrés, martins-pêcheurs, guêpiers d’orient, hirondelles, sternes, pélicans, échasses blanches évidemment ibis… je n’ai de cesse que d’observer cette vie faunistique grouillante.
Parallèlement à cela, le Nil n’est pas dénué de toute activité humaine, bien au contraire : plus de 90% des égyptiens vivent le long du fleuve. Ces villages tout au long, ne perturbent guère la paisibilité de la navigation. D’ailleurs, c’est au moment où les muezzins lancent l’appel à la prière, cinq fois par jour, que je me rends compte de la multitude d’échos et donc de villages qui bordent le Nil.
La nuit dernière a été courte, je sors le premier sur le pont du bateau, et j’observe avec joie les premières vagues du fleuve provoquées par les felouques de pêcheurs, venus relever leurs filets où agiter leurs lignes pour renflouer le marché qui aura lieu dans quelques heures.



Farris, est un de ces villages que l’on traverse avec beaucoup de bonheur, ses enfants venant à ma rencontre, lorsque je déambule dans ses rues poussiéreuses.
Darraw est cette grosse ville où a lieu tous les dimanches le marché aux animaux : on y vient du Soudan pour vendre ses dromadaires, et fréquemment on voit s’éloigner dans la brume de particules sablonneuses des camionnettes chargées jusqu’au cou d’ânes et de chèvres.
En me promenant dans le centre, je redécouvre une activité, que l’on a vite su transformer en occident : le repassage du linge de façon traditionnelle. Hassan créé la vapeur avec sa bouche, en ingurgitant une grosse quantité d’eau chaude qu’il recrache énergiquement sur la djellaba à repasser. Il repasse avec une énorme plaque de ferraille, tantôt de la main, tantôt du pied pour plus d’efficacité. On découpe aussi la viande de dromadaire, pendue à un crochet jouxtant la ruelle où passent camions et deux roues à vive allure.
Un peu plus loin, je serai sollicité pour boire un carcadé, boisson à base de fleur d’hibiscus amère et acide, chez un habitant du village. L’hospitalité légendaire des gens de Haute-Egypte c’est également savoir trouver à chaque entrée de village deux jars et des gobelets remplis d’eau pour ses visiteurs. S’il y a autant de vie et de joie ici, c’est en partie grâce à l’eau, que l’on sait vitale dans un pays où il ne pleut quasiment jamais. Tous les villages sont irrigués par des systèmes très anciens, tels que la novia (grande roue tirée par deux bœufs) ou encore par des canaux d’irrigation modernes, rendant la terre fertile et les cultures dignes de pays tropicaux : canne à sucre, bananes, oranges, citrons, grenades, maïs, blé… tout cela justifiant qu’on mange excellemment bien en Egypte, avec des mets aussi variés que délicieux.
A bord de l’embarcation, j’ai rencontré cette personne extraordinaire au nom de Saïd ou Captain Saïd comme aime l’appeler son équipage. Originaire d’Esna, Saïd à environ 62 ans et navigue sur le Nil depuis 1964, dans les années proches de la construction du barrage d’Assouan. Au début, bien sûr pas de tourisme, il transportait les cargaisons de pierres et de fourrage d’Assouan jusqu’au Caire, et des situations périlleuses, il en a vécu. J’aime passer du temps à côté de ce sage qui parle peu, contemplant l’horizon, le gouvernail à la main droite. Un jour, me raconte-t-il, alors que je pratiquais les ablutions à bord de mon sandal avant la prière, je fis un mauvais mouvement et me retrouva par-dessus bord. A 5h du matin en plein Nil, et mes coéquipiers ne m’ayant entendu tomber ni crier à l’aide, je vis mon bateau s’éloigner petit à petit. Fort heureusement, un autre sandal suivait non loin, et quatre hommes me sortirent de l’eau. Son sourire édenté en dit long sur sa malice et sur les transformations qu’il a vu de son pays.
Il est maintenant l’heure pour moi de quitter la Haute Egypte et de partir pour d’autres contrées. Je monte à bord d’un train-couchette à la gare de Louxor, et je me réveillerai demain matin en Basse-Egypte, là où vivent environ 20 millions d’habitants. Le contraste est saisissant à l’arrivée : une circulation routière anarchique, un nuage de pollution qui recouvre le ciel mais des scènes de liesses populaires incroyables : c’est dimanche et c’est l’Aïd. Les enfants courent, chantent, dansent, se chamaillent tout près des pyramides de Guizèh. Khéops, Kéfren et Mykérinos assistent encore une fois à un spectacle incroyable.
Je quitte vite le Caire pour rejoindre mon second objectif : le désert, qui recouvre la quasi-totalité du pays. Mais il en est un qui n’est pas commun : au panneau White Desert National Park, je comprends dans quelle dimension je vais évoluer durant mes cinq jours de trek. Ce désert, situé entre deux oasis : Farafra et Bahariya, est sous le niveau de la mer. On y a découvert il y a peu, une vallée avec 3 000 baleines fossilisées. L’ambiance est changeante à chaque jour de marche. Comme le disait Théodore Monod : Le désert est monotone sans doute, effroyablement ennuyeux, jamais. D’abord, parce qu’on attaque pour la Krystal Mountain, cette vallée de fossiles noirs à perte de vue, jonchés sur un sol de sable blond et de calcaire à l’apparence de farine. En se penchant, je peux observer des aiguilles d’oursin fossilisées, des coquillages, de petits bouts de bois, des restes de poteries... on y a même trouvé une huître, datant donc de plusieurs millions d’années. Nous déambulons à travers ce décor somptueux qui nous fait voyager encore une fois dans le temps.



Nous voyons au loin des choses intrigantes : espèces de gros champignons, sortant de terre avec des formes étranges. Nous approchons petit à petit de l’énorme Mushroom Valley. Place est donnée à l’imagination : nous voyons tous la même chose mais ne l’interprétons pas de la même manière. Imaginez un plateau, à l’intérieur duquel se trouvait jadis une mer, qui s’est retirée et où l’érosion a façonné les paysages de façon à donner à chaque espace une dimension différente. On voit de colossaux pics de calcaire blanc, en forme de champignons, d’arbres, d’animaux, de visages, d’oiseaux… tout cela sur ce sol recouvert de sable blond.
Nous marcherons quelques jours dans ce délire géologique aux formes fantasmagoriques, avant de parvenir aux dunes d’Akabat. Petit ensemble dunaire au milieu de masses rocheuses impressionnantes, nous sommes au paradis du silence, brisé par le vent de sable qui nous suit depuis deux jours.
Enfin, le trek se terminera dans une troisième ambiance complètement lunaire, où surgissent des milliers de petites meringues blanchâtres posées sur un lit de caramel pâle. Nous slalomons à travers ceux-ci, sans nous perdre, pour atteindre, comme chaque soir des bivouacs extraordinaires.


Au milieu de nulle part, nous dînons au rythme des derboukas, de la viande grillée par le feu de camp, allumé par nos bédouins Choukri et Oussama. Au moment de dormir, le choix n’est pas un casse-tête tant il y a d’espace. La lune nous aura suivi toute la semaine, comme les fennecs d’ailleurs, rendant inutile l’utilisation de la frontale. En tout une vingtaine de kilomètres par jour, que l’on n’a pas vu passer dans une atmosphère de désert comme on l’aime tant : grands espaces, silence, air pur et mille couleurs pour une déconnexion totale.
L’imaginaire a travaillé comme jamais, je quitte ce pays aux mille facettes avec l’envie certaine de vouloir y revenir.
Bientôt...
• Découvrez notre voyage "Du désert Blanc aux dunes d'Akabat"
Julie et les matins calmes…
par Julie Copin / Conseillère Asie du Sud-Est
« Allez les bleus ! Allez les bleus ! » Il est 17h00 à Séoul le 23 Octobre et c’est la finale de la coupe du monde de rugby.
Après 10h d’avion, nous sommes dans un bar à l’anglaise avec écrans plats rediffusant le match, bières à gogo et surtout beaucoup d’anglo-saxons. Et oui, Séoul est une capitale attirant beaucoup d’expatriés dû au nombre important de multinationales ayant élu domicile en Corée. On compte aujourd’hui 10 millions de séoulites, faisant de la cité, la 4ème mégapole la plus peuplée, et plus de 3 millions de véhicules entrainant une circulation impressionnante (mais bien gérée et assez fluide).



Changement d’ambiance la veille du match lors de notre séjour dans un temple bouddhiste. Là, il fallait se plier aux rituels et à la vie du temple : Uniforme/kimono pour tout le monde (taille unique, donc grand, petit, gros ou mince, même sentence !), diner à la cantine à 18h30 (attention à ne pas trop se servir car il ne faut pas jeter les restes à la fin du repas et chacun fait sa vaisselle), trente minutes de prières et prosternation dans le temple, extinction des feux à 21h00 et reveil à 3h50 ! Et de bon matin on recommence avec trente minutes de prières, prosternation, une heure de méditation et enfin le petit-déjeuner... un bol de riz sans sel !



Puis départ pour Séoul sous la pluie (je tiens à préciser le départ sous la pluie car c’était assez marrant pour la plupart des participants qui avaient des valises à roulettes et qui ne pouvaient donc pas rouler sur le sable mouillé... d’où l’utilité de voyager avec un sac à dos, à la Nomade...)
Raconté de cette façon cela peut paraitre un peu strict, genre camp militaire mais ce fut au finale une très belle expérience alliant techniques de méditations et religion bouddhiste pour ne faire plus qu’UN entre le corps et l’esprit. Après le diner, nous avons également pu échanger avec les moines, sur leur vie, le quotidien au temple, l’éveil spirituel… un moment privilégié inoubliable !
Début de l’itinérance par le parc national de Seoraksan, à l’Est de la Corée et de superbes balades sur des sentiers balisés. Au mois d’Octobre les couleurs sont magnifiques, les feuilles rouges et jaunes comme au Canada. Par contre il y a du monde... beaucoup de monde ! Les Coréens adorent la marche, les parcs nationaux sont très fréquentés et surtout, ils ne rigolent pas avec l’équipement : du dernier cri !



Et la nourriture me direz-vous ? Nous avons mangé du très bon poisson frais, grillé devant nos yeux sur les fameux barbecue à la Coréenne avec une hotte géante descendant du plafond, ainsi que de la viande grillée très tendre et très bien assaisonnée. Un régal ! Pour ce qui est de l’accompagnement, place au fameux Kim Chi national (chou lacto-fermenté macéré au piment rouge, qui se consomme par dizaines de tonnes matin, midi et soir) je dois avouer que je ne suis pas fan mais tout est une question de goût... Et puis d’autres accompagnements sont disponibles puisque le repas est toujours servi avec de multiples soucoupes. On ne sait pas toujours ce qu’il y a dedans, des algues, des petits poissons, ou autres. Mais c’est là, tout l’intérêt pour les gourmands et courageux : la découverte !



Nous voila arrivés à la fin du séjour. Que vous dire de plus, si ce n’est d’aller admirer ce pays du matin calme, de vos propre yeux...
kam sah hamnida (merci) et à bientôt !
L’Atacama : bouquet final !
par Julien Lévèque / Directeur Amérique du Sud

Le désert chilien de l’Atacama est connu pour sa sécheresse extrême et l’absence de vie qui va avec, tout cela en faisant un site d’observation de la voûte céleste idéal. Mais ce n’est pas que cela, loin s’en faut ! Outre l’extraordinaire géologie et les magnifiques jeux de lumières, c’est aussi le théâtre d’un prodigieux spectacle, rare, tout en parfums et en couleurs.
El Niño a débarqué cette année avec quelques précipitations plus fortes qu’a l’accoutumée, mais sans gel, si bien que quelques millimètres d’eau se sont écoulés sur les pans des monts et volcan d’Atacama. Le dernier épisode de ce type date d’il y a plus de vingt ans... Les bulbes et graines, qui sommeillés pour certains depuis des décennies se sont alors éveillés, épanouis. Aujourd’hui, un tapis de fleurs, rouges, bleues, oranges, jaunes, recouvre l’Atacama.
Certaines espèces sont d’une extrême rareté, prés de 200 sont endémiques, comme la très rouge griffe du lion, unique représentante de son espèce sur la planète.
Un merveilleux spectacle, qui devrait se prolonger jusqu’à début 2012.
Avis aux amateurs...
Voir nos circuits :
• Désert d’Atacama & Salar d’Uyuni
• Déserts de glace et de sel : de la Patagonie à Atacama
