Nomade's land
4déc/08

Sylvain, libre dans sa tête

Début Octobre c’est décidé, Libre & Nomade mettra en place un séjour en Inde du sud avec comme destination privilégiée : le Kerala. L’objectif étant de construire un voyage dit tranquille, confortable et surtout de prendre le temps de découvrir les plus beaux spots de cette région en 12 jours.

L’idée est lancée. L’itinéraire sera élaboré avec l’aide de Danielle qui, de par ses trois années dans ce pays, est l’architecte toute trouvée pour ce voyage d’exception.

Restait donc à tester ce séjour avant d’avoir le privilège de faire partir nos premiers clients. C’est chose faite !

1er jour
Les billets sont achetés, le sac à dos bouclé, je décolle donc le 30 octobre à 14h30 de Roissy avec Emirates et arrive sur place directement à Cochin le 31 octobre où je suis accueilli par mon acolyte pour ce séjour, Prakash, mon chauffeur anglophone. La voiture est top avec climatisation (pas négligeable quand on passe de 6° à 25°) et lecteur cd (vous penserez à emporter votre discothèque avec vous).

J’arrive en plein cœur de Fort Cochin, découvre l’hébergement idéalement placé, à deux pas des principaux sites et rencontre notre correspondant qui me brief sur mon périple.

Les fourmis dans les jambes et le sac à dos en bandoulières, je prends de suite la direction du vieux port et ses fameux filets de pèches chinois, le spot des alentours pour les photos du coucher de soleil. Les premiers contacts avec la population sont plutôt surprenants. On me demande des photos à tous les coins de rues, on m’emmène visiter la ville en moto, et le tout sans arrière pensée.

Le soir venu j’achète aux pécheurs des énormes tiger prawns et me les fait cuisiner dans un petit resto (merci Danielle pour le bon plan).

2ème jour
Après un repos bien mérité, Prakash vient me chercher et m’emmène en voiture visiter les vieilles églises de Fort Cochin, le Palais Hollandais et la synagogue. Pour cette dernière je n’ai pas de chance, elle est fermée le Lundi (maintenant on le sait...) j’en profite pour aller me perdre dans les rues aux alentours et prendre la température de la vie ici. Je découvre un nouveau métier : découpeur de papier. L’idée est la suivante : prendre une paire de ciseaux, une feuille de papier et en faire des petite lamelles pour remplir de grands sacs. Le but de tout ça ? je me pose encore la question… Faire des confettis et célébrer la future victoire de l’équipe de Criquet locale (LE sport national en Inde)

Je choisis de me passer de Prakash pour le reste de la journée, et de continuer la visite à vélo (on peut en louer un peu partout) ou en rickshaw à mon rythme (la liberté quoi…).

Il me donne rendez-vous pour le spectacle de Kathakali le soir (la danse traditionnelle du Kerala) et m’invite à venir tôt pour assister au maquillage des comédiens, conseil que je ne regretterai pas...

J’ai pu prendre également un ferry l’après midi pour me rendre à Ernakulam, sur l’autre rive et m’acheter les lunettes de soleil que j’avais oubliées (Impardonnable. C’était dans la fiche technique !). Cela m’a permit de découvrir l’embarcadère dans Fort Cochin, qui pour quelques roupies vous permet de rejoindre les îles en face de la ville… Si l’envie vous prend, sachez que c’est tout à fait possible.

3ème jour
Départ pour Kotamanggalam où je vais dormir chez June et Daisy, les propriétaires de la plantation familiale d’hévéa. L’accueil est chaleureux, le repas du midi gargantuesque et varié (une bonne dizaine de plats différents) avec les légumes du jardin, tout est bio. Daisy donne d’ailleurs des cours de cuisine, avis aux amateurs !

En début d’après midi je fais le tour de la plantation où une soixantaine de travailleurs s’affairent (sauf le dimanche, jour du seigneur). Je suis étonné de voir que tous les arbres qui m’entourent produisent les épices que j’ai dans ma cuisine à Paris… Enrichissant.

Puis je fais le choix d’aller visiter la réserve ornithologique avec un guide qui s’avère être un vrai connaisseur. La chaleur de fin d’après midi n’est pas vraiment propice à l’observation des oiseaux, j’en découvre tout de même quelques un : pic vert, poulet sauvage, martin pécheur et bouche de grenouille. La ballade sous le couvert de la forêt, ajoute à l’ensemble un coté vraiment plaisant.

Au final, j’apprends qu’il est possible de partir de la plantation à vélo puis de rejoindre le sommet d’une colline en bordure du parc au panorama plus que sympathique. Je vous conseille donc cette solution si vous n’êtes pas fan d’ornithologie… Encore une fois, c’est un séjour en liberté, c’est à vous de voir !

Dîner aussi séduisant que le déjeuner avant de siroter tranquillement une bière bien fraîche sous les étoiles avec pour seul fond sonore les cigales, et pour seule lumière les lucioles… bonheur bonheur...

4ème jour
Levé tôt, je prend ma petite boite avec mon petit déj' car j’ai rendez vous à Wayanad avec… des éléphants. Effectivement, j’y trouve un centre d’entraînement (pour éléphants, donc…) et participe à leur baignade. Pas de brosse ou de gant de toilette mais une noix de coco coupée pour faire office de grattoir. Les pachydermes semblent apprécier ce moment de fraîcheur sur les berges de la rivière alors que la lumière du soleil levant offre aux amateurs de photos une scène assez unique ! Je ne suis pas prêt d’oublier cette heure passée, qui justifie à elle seule le réveil aux aurores.

Les éléphants lavés je remonte dans la voiture avec pour objectif, troquer les paysages de forêts d’hévéas et de cocotiers pour les photogéniques collines couvertes de plantations de thé.

Ce qui est vraiment bien jusqu’ici c’est que je n’ai pas passé plus de deux heures dans la voiture par jour et que la diversité est vraiment au rendez-vous.

Munnar, j’y suis. Epoustouflant, les collines sont vertes fluo selon la lumière. Je vois des têtes qui dépassent ici et là. Ceux sont les cueilleuses qui coupent les plus jeunes pousses à l’aide d’outils rudimentaires. C’est beau, on en oublierait presque la pénibilité de ce travail tellement le sourire sur les lèvres de celles que je prend en photo, est pure et spontané.

Je part visiter le musée du thé de Munnar, petit et succint, je n’en sais pas beaucoup plus en sortant, je décide d’aller marcher dans les plantations.

Prakash m’y dépose et part m’attendre un peu plus loin. Un risque cependant : tomber sur un contremaître qui au pire me demandera de faire demi tour. En route donc, je gravis les collines, me laisse guider par les petits sentiers durant une bonne heure. Moment magique, c’est absolument sublime et délicieusement odorant.

De retour j’aperçois Prakash au loin qui me guette et est content de me voir de retour. Je lui explique que je suis le premier qu’il emmène mais ne serais pas le dernier car c’est une promenade à ne pas louper !

Le soir, après avoir découvert le petit marché de Munnar, je retourne à l’hôtel et son cadre idyllique.

5ème jour
Periyar. Une des plus grandes réserves naturelles d’Inde du sud. Un réservoir d’animaux et un plan d’eau absolument superbe.

La route de Munnar à Periyar traverse les plantations de thé, c’est l’occasion de s’arrêter et de profiter de la lumière du matin.
Arrivée un peu surprenante : deux rues bruyantes qui mènent à l’entrée du parc où le calme règne. Le contraste est frappant.

Je profite de la fin d’après midi pour aller visiter une fabrique de thé où l’on voit la transformation des feuilles de la cueillette au produit fini. Visite également d’un jardin d’épice et observation des touristes indiens qui viennent de partout pour visiter le parc.

6ème jour
Le jour tant attendu est enfin arrivé. Réveil à 6h, direction le parc. Là je rencontre 5 autres touristes qui ont réservé comme moi la journée dites Bamboo rafting. Nous partons donc à six, accompagnés de trois guides et un homme armé d’un fusil au cas où un sanglier s’approcherait un peu trop près.

Nous suivons le sentier. Au bout de 30 minutes, seul le bruit de la jungle se fait entendre. Nous y sommes, à scruter les alentours à la recherche de nos premiers animaux : oiseaux, écureuils géants, singes…

Après 3 heures de marche, nous trouvons les radeaux en bambou sur lesquels nous embarquons pour une navigation d’environ deux heures sur le lac. Calme absolu, de la surface du lac sortent les troncs argentés des arbres immergés lors de la création du barrage.

Nous accostons, pique-niquons puis repartons pour une heure de marche où nous verrons à de nombreuses reprises des traces d’éléphants et même l’empreinte d’un tigre.
On repart sur nos radeaux, accostons à un endroit différent du lac pour terminer par une dernière marche de deux heures à côtoyer sangliers et bisons.
Pas d’éléphants cette fois-ci mais je croise d’autres personnes qui me disent les avoir vus…

Après avoir approfondi les recherches, on me donne la confirmation que seul deux radeaux peuvent faire ce périple par jour avec maximum dix personnes, garantie de tranquillité.
Le parc a tenu ses promesses !

7ème jour
Après avoir discuté avec Danielle, nous avons décidé d’inclure au programme, une incursion au Tamil Nadu pour visiter la ville de Madurai. Pourquoi ce choix ? Le Kerala est une région de l’inde très calme où l’on vient découvrir la vie rurale et la végétation. Il nous tenait à cœur de vous faire découvrir une ville indienne, ses bruits, ses odeurs. Madurai avec ses imposants temples hindous et ses pèlerins pleins de croyances et de ferveurs, illustre parfaitement une Inde haute en couleur.

L’arrivée en ville se fait dans les klaxons, je retrouve l’Inde que je connais, un parfum d’excitation m’envahit. Avec plaisir je découvre l’hôtel, à l’écart de la ville, je sais déjà que la nuit sera bonne.
Je parts à la découverte du marché aux fleurs et en ressort avec autant d’adresses et de photos à envoyer que de portraits dans la carte mémoire de mon appareil.

Ensuite direction le musée Gandhi, intéressant pour les anglophones (tout est en anglais) Je décide de poursuivre la journée sans Prakash, pour sentir à nouveau l’Inde à travers ses transports locaux.

Le principal temple n’ouvrant qu’à 16h00, j’ai deux heures pour me perdre dans les petites ruelles, utiliser les trois mots de Tamoul que j’ai appris, et échanger des sourires.

Arrivé à l’entrée du temple, j’ai le droit à une fouille en règle. Je leur demande s’ils pensent vraiment qu’il y a des touristes terroristes ? Ils me rétorquent qu’en France c’est la même chose, en pire… ils n’ont pas tort.

Bref me voici dans le temple où je reste plus de deux heures à regarder les différentes divinités, les indiens donner un roupie à un éléphant qui l’attrape délicatement du bout de la trompe et vous bénit ensuite en le posant délicatement sur le front du donateur.

Après ce plein d’émotion, je vais manger dans un petit boui-boui puis retourne à l’hôtel.

8ème jour
S’il y a un moyen de locomotion Indien légendaire, c’est le rickshaw, une sorte de tricycle à l’arrière duquel on peut s’installer. Ce mode de transport qui fonctionne à la force des mollets tend à disparaître avec la concurrence des autorickshaws, même principe mais avec un moteur.
Le progrès on le sait n’a pas que du bon. Dans le cas présent, les conducteurs de rickshaws perdent leur gagne pain. Nous avons donc mis en place une matinée avec eux.

A 9h, rendez vous devant la gare où mon chauffeur-guide m’attend. Il est content de me voir arriver et je passe une superbe matinée à découvrir avec lui tous les marchés de la ville, tous les métiers : tisserand, ferronnier, maître d’école et bien d’autres encore. On est bien accueilli partout car ses précédents clients, touristes également, lui ont envoyé les photos faites durant leur tour, qu’il distribue à tout le monde.

Il me sort une carte de visite et je vois qu’il a été le chauffeur d’Olivier Föllmi (dit le photographe du monde) à Madurai durant trois jours.

Il est parfois un peu difficile de voir le guide pédaler. Un conseil, descendez du tricycle dès que la cote devient trop raide, aidez le à pousser, et dites vous qu’il gagne sa vie comme cela et qu’il gagne plus avec vous en une matinée qu’avec un indien en une journée complète. Le petit pourboire ne fera pas de mal, alors pensez-y.

Je profite ensuite de l’après midi pour grimper les 800 marches face à l’hôtel, qui m’emmènent au sommet du rocher qui surplombe les alentours et où siège un temple hindou avec ses singes et ses poissons sacrés. Je demande ensuite un vélo à l’hôtel et pars visiter le temple dit des Seize Pillards à cinq minutes de là (allez y de préférence à la tombée de la nuit, il y a plein de petits restos à coté et personne dans le temple pour vous soliciter).

9ème jour
Aujourd’hui, direction la plage : Kovalam ou plutôt Chawara, juste à coté.
Le long trajet me permet de voir la vitesse à laquelle l’inde et ses infrastructures grandissent. Sur 200 kilomètres, c’est l’autoroute, lisse, plate, large... à mille lieux des petites routes des jours précédents.

Des champs d’éoliennes envahissent le paysage. Nous prenons la direction de Kannyakumari à la pointe sud du pays, seul endroit où l’on peut apercevoir le lever et le coucher du soleil sur la mer.
Beaucoup de touristes indiens viennent au point de rencontre des deux océans. Je ne m’y attarde pas, mais il fallait le faire.

Nous reprenons la route et nous arrêtons au palais de Padmanabapuram. Je ne sais trop à quoi m’attendre en débourssant les 200 roupies que me coûte le ticket. Mais finalement, aucun regret. L’architecture me plait beaucoup et même si les salles sont vides, j’en ressort ravis.

Fin de journée, j’arrive juste pour le coucher de soleil sur la plage, et découvrir l’hôtel avec piscine dans lequel je vais passer la nuit. J’y mange du poisson comme tous les jours. Et comme tous les jours, c’est un vrai régal.

10ème jour
Aujourd’hui, farniente. Je me lève tôt pour voir revenir les pécheurs puis, n’appréciant que moyennement la plage, je demande au chauffeur de m'emmener en balade. La voiture est à dispo, j’en profite.

Nous roulons doncj, direction les petits villages, les vieilles églises et les cimetières puis jusqu’à Kovalam, simplement pour voir à quoi ressemble cette plage dont tous les guides touristiques parlent.
Je constate que nous avons fais le bon choix au final en choisissant Chawara…

La journée s’écoule douce et tranquille, massage ayurvédique en fin de journée à l’hôtel. Spécial... Je ne vous en dit pas plus mais c’est tout un programme !

11ème jour
Si j’attendais Periyar avec une certaine impatience, pour beaucoup de nos voyageurs ce sera les backwaters… et je les comprends.

Vers 11h00 je découvre le bateau, mon moyen de locomotion pour les 24 heures à venir.
J’embarque, et directement changement de décor. Les canaux que j’ai pu apercevoir à Cochin en début de séjour m’ouvrent leurs eaux comme j’ouvre bien grand les yeux.

La vie sur les rives est partout, les éleveurs de canards promènent leurs volatiles sur les canaux et la nuit sous les étoiles est superbe. Le moment fort de la journée : la petite balade en pirogue à moteur dans les canaux.

12ème jour
Réveil enchanteur, direction le débarcadère.
La dernière journée à lieu à Kumarakom, au bord du lac. Je profite une dernière fois d’une petite balade à pied, découvre le todi, alcool de fleurs de cocotier, puis fais mes valises.

Pour moi, le voyage s’arrête la mais pour ceux qui le souhaitent, une extension balnéaire est possible sur la plage de Marari Beach.

Le 17 Novembre, retour à l’agence. Un peu en décalage. L’Inde est définitivement une destination à part…

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