Nomade's land
16août/11

Sur la route de la soie : l’Ouzbékistan

Par Anne

Hier nous étions dans la montagne du côté de Samarcande dans un village au fond d’une vallée-oasis. Nous nous reposions de la chaleur de Boukhara et Samarcande et du rythme soutenue des visites. En nous promenant dans le village qui s’étale sur plusieurs kilomètres, nous sommes arrêtées tout le temps par les « Bonjours » des habitants. Il faut dire que nous sommes hébergées chez l’ancien directeur de l’école, professeur de français et qui pendant 40 ans a enseigné le français dans ce village et le parle très bien. Il a eu le temps de faire des émules.

Cependant les dialogues restent brefs, nous échangeons nos noms et nos âges, nous prenons des photos et sommes aussi beaucoup prises en photos : juste retour des choses !

Mais nous sommes aussi invitées à prendre le thé, et c’est là que les "gaffes" commencent. Sur le tcherpaïa, plateforme située sur la terrasse et sur laquelle on boit le thé, on discute, on mange assis en tailleur ou à demi allongé, nous commençons par mettre les pieds sur la "table", nous le savons pourtant depuis 15 jours nous devrions avoir pris l’habitude ! Nous sommes gentiment reprises. Puis on nous apporte un pain rond toujours délicieux. Le maitre de maison le partage et nous en donne un bout, que nous goutons évidemment ! Mais là, il ne fallait pas, puisque 5 minutes plus tard on nous apporte à chacune un grand bol de lait caillé parfumé aux herbes aromatiques. Nous goutons le lait. Là devant notre flagrant manque de savoir vivre, le maitre de maison prend les choses en main en nous montrant que le pain se met en petits bouts dans le lait et que cela se mange à la cuillère.

20juil/11

Sur la route de la soie : le Turkménistan

Par Anne

Trois jours au Turkménistan nous ont permis de découvrir ce pays merveilleux où tout est fait pour le bonheur du peuple !

Notre arrivée déjà : à 3 heures du matin. Nous faisons connaissance avec notre guide qui nous abandonne 500 mètres devant l’aéroport le temps d’aller chercher le mini-bus qui nous conduira à l’hôtel. Jean-Yves et Michèle en profitent pour allumer une cigarette, et moins d’une minute après nous sommes entourés d’un policier en uniforme et de deux de ses collègues en civil qui confisquent nos passeports…nous ne savions pas pourquoi. En fait, au Turkmesnistan, il est interdit de fumer…pour la santé de tous, bien sûr !

Au retour de la guide, l’affaire s’arrange rapidement, heureusement….

A Achgabat, la capitale, les monuments et bâtiments sont en marbre blanc de style soviétique …trèslégers, les palais et les fontaines à la gloire du grand Turkmenbachy, dirigeant après l’indépendance en 1991 sont,au moins, étranges dans ce désert. Les avenues  se coupent à angle droit, les grands hôtels à l’allure internationale distribuent uneeau parcimonieuse (ou pas du tout), toujours la même nourriture grasse pour nous éviter la fatigue du choix. Tout est surprenant, parfois moche mais souvent les deux à la fois.

6juil/11

Sur la route de la soie : la Turquie

Par Anne

Voilà un mois exactement que je quittais Paris pour rejoindre Venise sur les traces de Marco Polo. Mon cargo a mis 10 jours pour atteindre la Turquie et retrouver mes compagnes de voyage sur la Route de la soie. Nous sommes trois femmes à faire ce périple de 2 mois et demi jusqu’à Xi’an et j’ai été désignée comme "écrivaine du groupe" par une autre Anne et Michèle. Nos parcours et nos motivations sont différentes, mais notre envie de découverte, de dépaysement et notre curiosité sont les mêmes. Un couple, Michèle et Jean-Yves, nous accompagne jusqu’en Ouzbékistan.

Les premiers caravansérails, nous les avons découverts dès Istanbul et nous avons commencé à imaginer la vie de ces commerçants se croisant et échangeant sur cette Route de la Soie. Notre guide pour la Turquie, Mehmet, connait son pays sur le bout des doigts : de l’ouest à l’est et du nord au sud, de la préhistoire à nos jours. Car bien sur, nous débordons de notre sujet pour comprendre ce qu’il reste de cette Route mythique et la vie des régions que nous traversons qu’elle a profondément influencée.

Pour le moment nous n’avons pas vu beaucoup de soie, sauf quelques foulards à Bursa, mais en revanche d’autres produits qui nous font déjà rêver aussi: des épices, du miel, des gâteaux…ah les baklavas ! Les petites boutiques des souks regorgent de marchandises de toutes sortes, de l’artisanat aux téléphones portables.

15déc/10

Sur la route de la soie : la Chine – Suite et fin

Par Armelle, Isabelle, Jean, Michèle et Paul

Après un vol sans problème, nous arrivons à l’aéroport qui se trouve à 80 km de la ville de Lanzhou. Nous découvrons une ville très polluée par des industries lourdes où les immeubles surgissent comme des arbres dans la forêt, la promiscuité des bâtiments est telle que les fenêtres donnent directement chez les voisins, affreux ! Nous sommes dans la Province du Gansu.

Le fleuve jaune traverse la ville de ses eaux ocre. Sur notre parcours Lanzhou ne sera qu’une halte sans intérêt. Le lendemain nous poursuivons par Yongjing, les grottes bouddhiques de Bingling. Magnifique !!! Nous traversons des paysages en espaliers où les cultures et les villages s’accrochent à flanc de montagne formant un relief aux couleurs printanières. Nous prenons le bateau à Liujiaxia sur le lac artificiel pour rejoindre le site bouddhique le plus ancien au milieu de falaises lœssiques appartenant aux monts Jishi. Paysages grandioses…les grottes sont creusées sur les flancs de la vallée de Dasigou, Bingling veut dire « Cent Mille Bouddha ». Site gigantesque, magnifique par sa minéralité ainsi que par l’abondance, la beauté de l’art rupestre.

Direction Xiahe, on traverse les collines de lœss et aborde le Tibet de l’Est dit « petit Tibet ». Là, à 2900m d’altitude, nous allons visiter l’une des plus importantes lamaseries de la secte des « bonnets jaunes », le monastère de Labrang. Les pèlerins viennent en masse prier, exprimer leurs souhaits, se prosterner, vénérer Bouddha. Les temples sont chargés de symboles, d’icones, de représentations de Buddha sous toutes les formes et sont consacrés à des enseignements différents. L’urgence qui semble agiter la population pour faire tourner la multitude de moulins à prière, à parcourir les différents temples, à en faire le tour un nombre de fois défini, tous ces gestes dégagent l’urgence de la démarche, c’est impressionnant !!! Les moines, eux, paraissent plus sereins. Dans la ville le commerce semble être très prospère, les différentes ethnies se promènent en famille dans les costumes traditionnels. Un vrai régal de couleurs et d’esthétique.

Nous prenons le train de nuit pour la première fois pour nous rendre à Xi’an depuis Lanzhou. Nous allons découvrir les trains locaux !!! Plutôt bien les couchettes !!! Nous nous installons à quatre par wagon, nos bagages ont du mal à loger, mais les lits sont bons, nous passerons une bonne nuit.

Xi’an la ville du Musée des guerriers et des chevaux en terre cuite du Mausolée du premier empereur des Quin, mais pas uniquement la petite et grande Pagode de l’oie sauvage ainsi que le musée d’histoire de la province du Shaanxi nous émerveillent aussi. Dans des jardins très « zen » la population fait de l’exercice physique, des arts martiaux pour certains, de la danse pour d’autres, mais toujours beaucoup de concentration et de maitrise des gestes. Le vieux quartier musulman garde son agitation même aux heures les plus chaudes, le bazar abouti sur la mosquée aux allures de temple Bouddhique.

La fin du voyage approche et la route de la soie est terminée. Nous devons reprendre un train de nuit pour Beijing. 1200 Km parcourus dans la nuit que nous avons passé à dormir comme des marmottes pour être en pleine forme à notre arrivée à Pékin. Journée libre, certains filent sur la grande muraille (80 km), d’autres visitent la place Tian ‘an men, la Cité interdite.

D’Istanbul à Pékin soit 16000km rythmés par la rencontre de cultures et de croyances à la fois différentes et si proches résultat provoqué par le mélange dû au nomadisme, aux conquêtes des territoires, à la curiosité des hommes… Ces envies d’échanger des idées, de troquer des marchandises, de partager des connaissances ont permis de bâtir l’aujourd’hui de ces pays et le développement de demain.

Nous rentrons chacun riches des paysages vus, des belles rencontres faites, des idées échangées tout le long de ce parcours de soixante quinze jours sur « une » des Routes de la Soie. Partis pour découvrir les motivations de ceux qui ont ouvert cette route, nous revenons avec d’autres interrogations sur l’utilisation de ces voies au service du développement des pays que nous avons traversé et aimé. Il nous faudra y revenir…

6août/10

Sur la route de la soie : la Chine

Par Armelle, Isabelle, Jean, Michèle et Paul

Nous voilà pris en charge dans le no m’s land par une nouvelle équipe : Salijan, notre guide d’origine Ouïgour, et Elil notre chauffeur. Après 200 Km de piste chaotique dans des montagnes aux couleurs somptueuses, de contrôles douaniers, de nombreux contrôles d’identité et un orage d’accueil, nous arrivons à Kashgar.

Cette oasis fait partie de la région autonome du Xinjiang (vaste territoire de 6 fois la France) et est un carrefour des routes de la soie (itinéraire nord et itinéraire sud). Kashgar est devenue une ville moderne importante et riche, grâce au commerce avec les frontaliers : Kirghizstan, Tadjikistan, Afghanistan et Pakistan. La population du Xinjiang est majoritairement Ouïgour, musulmans sunnites (8,2 millions pour 5,7millions de Hans).