Sur la route de la soie : la Turquie
Par Anne
Voilà un mois exactement que je quittais Paris pour rejoindre Venise sur les traces de Marco Polo. Mon cargo a mis 10 jours pour atteindre la Turquie et retrouver mes compagnes de voyage sur la Route de la soie. Nous sommes trois femmes à faire ce périple de 2 mois et demi jusqu’à Xi’an et j’ai été désignée comme "écrivaine du groupe" par une autre Anne et Michèle. Nos parcours et nos motivations sont différentes, mais notre envie de découverte, de dépaysement et notre curiosité sont les mêmes. Un couple, Michèle et Jean-Yves, nous accompagne jusqu’en Ouzbékistan.
Les premiers caravansérails, nous les avons découverts dès Istanbul et nous avons commencé à imaginer la vie de ces commerçants se croisant et échangeant sur cette Route de la Soie. Notre guide pour la Turquie, Mehmet, connait son pays sur le bout des doigts : de l’ouest à l’est et du nord au sud, de la préhistoire à nos jours. Car bien sur, nous débordons de notre sujet pour comprendre ce qu’il reste de cette Route mythique et la vie des régions que nous traversons qu’elle a profondément influencée.
Pour le moment nous n’avons pas vu beaucoup de soie, sauf quelques foulards à Bursa, mais en revanche d’autres produits qui nous font déjà rêver aussi: des épices, du miel, des gâteaux…ah les baklavas ! Les petites boutiques des souks regorgent de marchandises de toutes sortes, de l’artisanat aux téléphones portables.
Sur la route de la soie : la Chine – Suite et fin
Par Armelle, Isabelle, Jean, Michèle et Paul
Après un vol sans problème, nous arrivons à l’aéroport qui se trouve à 80 km de la ville de Lanzhou. Nous découvrons une ville très polluée par des industries lourdes où les immeubles surgissent comme des arbres dans la forêt, la promiscuité des bâtiments est telle que les fenêtres donnent directement chez les voisins, affreux ! Nous sommes dans la Province du Gansu.
Le fleuve jaune traverse la ville de ses eaux ocre. Sur notre parcours Lanzhou ne sera qu’une halte sans intérêt. Le lendemain nous poursuivons par Yongjing, les grottes bouddhiques de Bingling. Magnifique !!! Nous traversons des paysages en espaliers où les cultures et les villages s’accrochent à flanc de montagne formant un relief aux couleurs printanières. Nous prenons le bateau à Liujiaxia sur le lac artificiel pour rejoindre le site bouddhique le plus ancien au milieu de falaises lœssiques appartenant aux monts Jishi. Paysages grandioses…les grottes sont creusées sur les flancs de la vallée de Dasigou, Bingling veut dire « Cent Mille Bouddha ». Site gigantesque, magnifique par sa minéralité ainsi que par l’abondance, la beauté de l’art rupestre.
Direction Xiahe, on traverse les collines de lœss et aborde le Tibet de l’Est dit « petit Tibet ». Là, à 2900m d’altitude, nous allons visiter l’une des plus importantes lamaseries de la secte des « bonnets jaunes », le monastère de Labrang. Les pèlerins viennent en masse prier, exprimer leurs souhaits, se prosterner, vénérer Bouddha. Les temples sont chargés de symboles, d’icones, de représentations de Buddha sous toutes les formes et sont consacrés à des enseignements différents. L’urgence qui semble agiter la population pour faire tourner la multitude de moulins à prière, à parcourir les différents temples, à en faire le tour un nombre de fois défini, tous ces gestes dégagent l’urgence de la démarche, c’est impressionnant !!! Les moines, eux, paraissent plus sereins. Dans la ville le commerce semble être très prospère, les différentes ethnies se promènent en famille dans les costumes traditionnels. Un vrai régal de couleurs et d’esthétique.
Nous prenons le train de nuit pour la première fois pour nous rendre à Xi’an depuis Lanzhou. Nous allons découvrir les trains locaux !!! Plutôt bien les couchettes !!! Nous nous installons à quatre par wagon, nos bagages ont du mal à loger, mais les lits sont bons, nous passerons une bonne nuit.
Xi’an la ville du Musée des guerriers et des chevaux en terre cuite du Mausolée du premier empereur des Quin, mais pas uniquement la petite et grande Pagode de l’oie sauvage ainsi que le musée d’histoire de la province du Shaanxi nous émerveillent aussi. Dans des jardins très « zen » la population fait de l’exercice physique, des arts martiaux pour certains, de la danse pour d’autres, mais toujours beaucoup de concentration et de maitrise des gestes. Le vieux quartier musulman garde son agitation même aux heures les plus chaudes, le bazar abouti sur la mosquée aux allures de temple Bouddhique.
La fin du voyage approche et la route de la soie est terminée. Nous devons reprendre un train de nuit pour Beijing. 1200 Km parcourus dans la nuit que nous avons passé à dormir comme des marmottes pour être en pleine forme à notre arrivée à Pékin. Journée libre, certains filent sur la grande muraille (80 km), d’autres visitent la place Tian ‘an men, la Cité interdite.
D’Istanbul à Pékin soit 16000km rythmés par la rencontre de cultures et de croyances à la fois différentes et si proches résultat provoqué par le mélange dû au nomadisme, aux conquêtes des territoires, à la curiosité des hommes… Ces envies d’échanger des idées, de troquer des marchandises, de partager des connaissances ont permis de bâtir l’aujourd’hui de ces pays et le développement de demain.
Nous rentrons chacun riches des paysages vus, des belles rencontres faites, des idées échangées tout le long de ce parcours de soixante quinze jours sur « une » des Routes de la Soie. Partis pour découvrir les motivations de ceux qui ont ouvert cette route, nous revenons avec d’autres interrogations sur l’utilisation de ces voies au service du développement des pays que nous avons traversé et aimé. Il nous faudra y revenir…
Sur la route de la soie : la Chine
Par Armelle, Isabelle, Jean, Michèle et Paul
Nous voilà pris en charge dans le no m’s land par une nouvelle équipe : Salijan, notre guide d’origine Ouïgour, et Elil notre chauffeur. Après 200 Km de piste chaotique dans des montagnes aux couleurs somptueuses, de contrôles douaniers, de nombreux contrôles d’identité et un orage d’accueil, nous arrivons à Kashgar.
Cette oasis fait partie de la région autonome du Xinjiang (vaste territoire de 6 fois la France) et est un carrefour des routes de la soie (itinéraire nord et itinéraire sud). Kashgar est devenue une ville moderne importante et riche, grâce au commerce avec les frontaliers : Kirghizstan, Tadjikistan, Afghanistan et Pakistan. La population du Xinjiang est majoritairement Ouïgour, musulmans sunnites (8,2 millions pour 5,7millions de Hans).
Sur la route de la soie : la Kirghizie
Par Armelle, Isabelle, Jean et Paul
Le passage de relais entre guides se fait rapidement et nous faisons connaissance de notre guide Ruslan, Kirghize d’origine Ouïgour et de notre chauffeur Youri, Kirghize, d’origine Russe. Les formalités terminées, nous nous dirigeons vers Och, ville proche de la frontière pour une première prise de contact avec le pays. Les Kirghizes sont avant tout un peuple de nomades (80 groupes ethniques) dont l’histoire et les légendes sont intimement liées.
La légende dit que :
Dieu, après avoir convoqué tous les chefs des différentes nationalités, attribua à chacun une part de la Terre et créa ainsi les pays. Seuls les Kirghizes étant absents aucun territoire ne leur avait été accordé. Le chef des Kirghizes alla trouver Dieu pour lui en demander la raison. Dieu lui répondit que n’étant pas présent, il ne lui avait rien attribué. Le chef Kirghize expliqua qu’il recevait des voyageurs et qu’il ne pouvait pas trahir l’engagement d’hospitalité qui était le fondement de la culture de son peuple nomade. Alors Dieu lui donna un morceau de la Terre qu’il avait conservé pour lui et dit : Voici un territoire des plus hautes montagnes, de lacs d’un bleu du plus bel azur, mais tu as l’obligation de conserver cette tradition d’hospitalité.
C’est pourquoi la Kirghizie se trouve sur notre route et que nous y sommes si bien accueillis. La Kirghizie le seul pays où les étoiles se laissent toucher de la main…
Sur la route de la soie : l’Ouzbékistan
Par Armelle, Isabelle, Jean et Paul
28 mai
Notre passage de la frontière entre le Turkménistan et l’Ouzbékistan a été « homérique » dans la mesure où nous nous sommes trouvés avec nos bagages dans un no man’s land que nous avons parcouru à pieds (20’) en longeant une file interminable de camions sous un soleil de plomb car il était 13heures et en fin de compte pour trouver la frontière Ouzbèque fermée pour cause de déjeuner… Grâce à l’intervention inventive de Oural, patron de l’agence locale et Farid notre chauffeur, nous avons pu contourner la difficulté car nous avions un diplomate parmi nous sans que nous le sachions. Efficace subterfuge car nous voilà en Ouzbékistan.
L’Ouzbékistan : un livre d’histoire ouvert sous nos yeux.
Nous voici maintenant installés dans les steppes de l’Asie Centrale, où la présence de l’eau transforme le monde minéral du désert en oasis, paradis végétal pour la population, les troupeaux et les voyageurs...